Juillet 2014.
  Il y a un an, la situation semblait sombre et incertaine pour les organisateurs du Festival international de Baalbeck, ce « père spirituel » des festivals d’été au Liban. Son histoire lui a permis d’occuper le premier rang, et de rester pendant toute la période de la guerre le seul festival à attirer des grands noms du monde entier, invités à se produire devant le public libanais.
  La guerre avait pourtant fini par brider son élan ; bien plus, par le paralyser, et pour une longue période, avant qu’il ne reprenne ses activités dans les années 90. Pendant ce temps, d’autres festivals étaient nés, dont certains ont persisté et duré, occupant une place dans la carte festivalienne du pays, pour devenir à leur tour des rendez-vous culturels (et touristiques), alors que d’autres se sont éteints après quelques éditions.

  Cette année, la première chose qui vient à l’esprit à l’évocation du festival de Baalbeck, c’est la chanson de Fayrouz, « Menrouh ktir wou menghib ktir wou mnerja’ ’a drâj Baalbak » (« On part souvent, on s’absente longtemps, mais on revient toujours aux marches de Baalbeck »). En effet, les paroles de cette chanson (présentée en 1973 dans le cadre du spectacle Poème d’amour) semblent illustrer la situation du Festival international de Baalbeck, de retour à la légendaire acropole après l’annulation de sa dernière édition en raison de la situation sécuritaire, laquelle avait incité les organisateurs à le transposer à Beyrouth. A cause des événements en Syrie et de leur répercussion au Liban, cible d’attentats, l’image du festival avait fini par se ternir, mais les organisateurs avaient décidé malgré tout de ne pas entièrement l’annuler (de nombreux participants ayant renoncé à venir au Liban), en adoptant une solution « temporaire » qui consistait à changer de lieu et à organiser un « festival symbolique », selon les termes de Nayla de Freij, présidente du Comité international de Baalbeck.

A nouveau dans ses temples, entre Jupiter et Bacchus
  La situation sécuritaire et politique – meilleure cette année – a poussé les organisateurs à regagner leur site habituel.
L’un des objectifs du festival est de faire connaître au public libanais des artistes internationaux en les invitant au Liban, ou, pour ceux dont la renommée n’est plus à faire, de permettre à leurs admirateurs de les voir dans leur propre pays ; le festival remplit ainsi pleinement son rôle, contribuant à former les goûts de son public et oeuvrant pour les échanges culturels entre Orient et Occident.

Le programme du Festival international de Baalbek 2014 :
- Assi Al-Hallani dans Assi... le rêve (spectacle de chant, musique et danse) / 30 juillet et 1er août.
- Angela Gheorghiu dans un récital lyrique / 3 août.
- Dhafer Youssef dans Incantations Birds Requiem (avec un septuor musical) / 10 août.
- Tania Saleh dans Tanya rencontre Bacchus / 22 août.
- Gérard Depardieu et Fanny Ardant dans la pièce La Musica deuxième, d’après un texte de Marguerite Duras / 31 août.