J’ai le grand honneur de représenter Son Excellence le président Sélim el-Hoss, la conscience du Liban. En vérité, il n’est nul besoin de présenter Sélim el-Hoss. En revanche, avant de prononcer son allocution, permettez-moi de consacrer quelques minutes à Talal Salman et Leila Barakat,  quoiqu’il ne soit nullement nécessaire de les introduire, eux non plus, car aucun titre ne saurait leur rendre pleinement justice.
  M. Talal Salman a entamé son parcours comme propriétaire et directeur du quotidien As-Safir, avec le slogan « La voix des sans-voix ». Il entendait en faire « le journal du Liban dans la nation arabe – le journal de la nation arabe au Liban ». Son désir fut exaucé à force de fermeté et de détermination. Il adopta toutes les causes arabes, à la tête desquelles, bien sûr, la question palestinienne. Son parcours fut guidé par son arabité.
Le docteur Leila Barakat, quant à elle, est un cas unique. Elle est constamment en quête de plus de savoir sans jamais se rassasier. Elle a décroché successivement plusieurs diplômes, passant d’un pays à l’autre. Toutes les tâches qu’elle a assumées ont été entreprises avec le sens de l’excellence et du défi, toujours couronnées de succès. Elle n’arrête pas de trimer, de jour comme de nuit. Si jamais elle prend un peu de repos, c’est seulement pour réfléchir à la solution d’un problème qu’elle entend résoudre. De ma vie je n’ai connu une personne aussi altruiste, s’occupant aussi peu d’elle-même. Les mots « jours de congé » ou « jours de fête » lui sont inconnus car ils sont pareils aux journées ordinaires.
  Aussi n’est-il point étonnant qu’elle produise une œuvre d’une telle ampleur, que nous vous distribuerons à l’issue de cette cérémonie. En réalité, c’est la première fois au Liban qu’a lieu la mise en recueil d’un événement culturel de niveau mondial aussi considérable que Beyrouth Capitale mondiale du Livre.

(Extrait de l’allocution de M. Beydoun au cours de la cérémonie de lancement de l’encyclopédie).