ليلى بركات
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La réforme n’a que faire du Christ ou de Mahomet
2016-12-31 | ليلى بركات
L’élection de Michel Aoun a mis du baume au cœur des citoyens chrétiens, elle a fleuri en plein hiver notre paysage politique. Mais au-delà du bonheur, les réformes se bâtissent sur des bases laïques. Elles ne connaissent pas de religion, elles ne prient pas, elles sont étrangères au Christ comme au Prophète. Elles respirent la laïcité. 
Feuille de route pour un Président
2016-12-05 | ليلى بركات
Comment devra se comporter « l’homme de la nation, mis en place par elle-même pour répondre de son destin » ? Cette expression de Charles de Gaulle pour désigner le président de la République montre que la magistrature suprême requiert d’être irréprochable.
Entre glorification et scepticisme, revirements politiques et discours confessionnels, le mandat Aoun vient de commencer. Michel Aoun réussira-t-il là où d’autres ont échoué ? Soucieux de le voir mener à bien sa mission, nous avons essayé de définir ce que devraient être la stature et le rôle du Président – comment, en somme, être celui que les Allemands appellent « le symbole vivant de l’Etat ».
Faites quelque chose de précieux de votre vie… et préservez-le
2016-10-04 | ليلى بركات
Je ne sais plus exactement pourquoi j’étais venue dans ce village isolé. Je déambulais à la recherche de quelque chose d’indéfini – que recherche-t-on dans la vie, déjà ? – et me suis arrêtée au bord d’une fontaine. L’eau était cristalline, j’y ai promené ma main, puis frissonnant délicieusement sous les coulées froides, j’en ai approché irrésistiblement les lèvres.
Pour mémoire, la dernière lutte anti-corruption de l’Etat libanais
2016-09-25 | ليلى بركات
« "(...) Les gens ont le droit de savoir comment sont dépensés leurs impôts, comprimées les dépenses, exécutés les contrats et les projets, régis et contrôlés les fonds publics. Ils ont le droit de nous demander de mener un train de vie austère avant que nous leur demandions de se serrer la ceinture, et le droit d’exiger que les chiffres ne soient pas un secret d’Etat. Ils ont le droit de voir comment est récompensé le fonctionnaire diligent et honnête et comment est coupée la main du voleur quel qu’il soit..." : le discours d’investiture du président Emile Lahoud (1), d’un ton tout à fait nouveau pour l’époque, fut mémorable.
Pédophilie et viols: ce que les enfants ne racontent pas
2016-09-04 | ليلى بركات
On n’en parle pas, on n’en prononce pas le nom : pédophilie. Un sujet encore tabou dans le monde arabe. On n’écrit pas, on ne traduit pas ce mot d’origine grecque dans les dictionnaires arabes : notre lexique ne le reconnaît pas. On n’en cite pas les cas, on n’en rapporte pas les abus : le nombre de viols réellement perpétrés sur les enfants est sans commune mesure avec celui des cas officiellement enregistrés. On n’en discute pas, ni en public ni en privé : victimes et parents se terrent dans un effroyable silence, établissements éducatifs, institutions de protection sociale et services de police pratiquent la même omerta ; quant aux médias, pourtant toujours prêts à attiser les conflits de la région du matin au soir, ils survolent à peine le sujet, livrant quelques informations éparses, promptes et irrégulières. Le Liban, guère plus loquace, ne se singularise pas en la matière. Il arrive qu’on lise de temps en temps, comme un fait divers sans lendemain, que dans une région pauvre et périphérique, un homme a attiré quelque garçonnet pour un assaut sexuel en échange de cinq mille livres libanaises (3,32 dollars) – et cela s’arrête là. Ni suites judiciaires fiables, ni analyses, ni plongée dans les méandres de la psychologie humaine : l’interdit s’en empare.
J’aurais souhaité que ce passé ne fût pas le mien
2016-08-01 | ليلى بركات
Au cours du déjeuner, je prévoyais une discussion légère entrecoupée par quelque compliment de la part de mon interlocuteur issu d’une aristocratie qui dédaigne les mots crus, quelque chose dans le genre « Vous avez de beaux yeux noirs… ». Mais il m’assena soudain, loin de l’image distinguée qu’il aimait à cultiver : « Si j’en avais la possibilité, j’égorgerais de ma propre main le dernier enfant palestinien survivant au Liban. »
Comment peut-on dire « monsieur » à un Ethiopien
2016-07-04 | ليلى بركات
J’attendais mon tour au contrôle des passeports à l’aéroport ; la personne devant moi, noire de peau, chichement habillée, probablement un travailleur émigré, hésitait à avancer vers le point de contrôle. « Monsieur, s’il vous plait » l’invitai-je en lui montrant le policier qui attendait. Aussitôt je fus foudroyée du regard par les dames de la « bonne » société libanaise, qui détonnaient avec leurs cheveux rouges dans la queue des voyageurs. « Elle dit "monsieur" à un Ethiopien ! », ricanaient-elles en me dévisageant d’un air snob et dédaigneux.
« Redonnez-nous une bonne guerre… »
2016-07-04 | ليلى بركات
Je suis passée rue Hamra chez Antoine pour acheter un livre, mais la librairie avait disparu ; perplexe, je me suis dirigée vers la Librairie Internationale du centre Gevinor : aucune trace. J’ai alors cherché, tourmentée, la Librairie du Liban – introuvable elle aussi. La Four steps down, la Librairie orientale, Virgin ? Rien. Aucune
librairie à Hamra.
Non, c’est un cauchemar…
J’ai compris que je dormais.
Conclusion : Une alternative à la corruption ?
2016-06-06 | ليلى بركات
En langage technique, notre pratique de l’administration s’appelle corruption passive, trafic d’influence, délit d’ingérence, concussion, malversation, rançonnement, extorsion, délit de favoritisme, et nous avons dans chaque type de délit une notoire expérience. C’est le chaos institutionnalisé.
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