السفير اليوم في بريدك الإلكتروني
جاري التحميل
|Les anciens locataires sont priés de mourir dans la rue
Une nouvelle loi sur les loyers a été votée en avril 2014 par une chambre de députés
au chômage. Une loi qui n’en est pas une a donc été adoptée par un Parlement qui n’en est pas un. En termes juridiques, la loi prévoit d’échelonner sur une période de neuf ans la libéralisation des anciens baux résidentiels. En termes sociaux, des parlementaires qui touchent leur salaire pour se tourner les pouces, se sont – exceptionnellement – réunis pour… expulser 180 000 familles d’anciens locataires. Un double scandale : scandale juridique, crise sociale
Deux articles de la loi ont aussitôt été invalidés par le Conseil constitutionnel. Ladite loi n’est donc plus applicable en l’état et la plupart des juges ont effectivement décidé de ne pas l’appliquer. Pourtant certains d’entre eux ont malgré tout considéré la loi comme exécutoire, offrant, dans ce Liban jadis si fier d’être une pépinière de juristes et d’hommes de loi renommés, le spectacle choquant d’une justice divisée.
Les anciens locataires sont pour beaucoup pauvres et âgés, souvent malades, parfois amnésiques. Cette loi, qui risque de provoquer une crise sociale, semble d’autant plus inapplicable que la caisse de solidarité censée aider les plus démunis n’a jamais été créée, et qu’aucune commission chargée de décider des aides à verser aux locataires dans le besoin n’a vu le jour. Ladite loi accroît leur précarité, les livre à la cupidité de certains propriétaires malveillants, qui n’ont cure de la caisse de solidarité, étalent leur grossièreté devant les caméras et remplissent la ville d’anecdotes sur leur avidité. Une loi inapplicable
La commission parlementaire de l’Administration et de la Justice a quant à elle déclaré qu’elle se penchait sur l’amendement de la loi, ce qui pose la question du sort des jugements rendus, alors même que la loi est en train d’être amendée à nouveau !
Aujourd’hui, sans doute embarrassés par les manifestations des anciens locataires, les zaïms renient publiquement la loi qu’ils jugent inapplicable, l’accusant de viser au déplacement de populations, de servir les riches promoteurs… Ils semblent oublier qu’ils sont eux-mêmes à la tête des blocs parlementaires qui l’ont votée. L’antique Bérytus n’a plus besoin de se vanter d’être une référence en matière de droit, elle a abandonné toute notion de droit pour ne suivre que… la loi des milices et de leurs chefs déguisés en parlementaires. 
جاري التحميل
جاري التحميل
جاري التحميل