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La Foire internationale du livre arabe
2015-01-05
Les débats de fond :
►    Table ronde sur le livre de Antoine Morheb  intitulé Les pipelines rouges. Pourquoi la Syrie ? Pourquoi maintenant ?, en présence de l'ambassadeur de Russie au Liban M. Alexander Zasypkine, de M. Zafer Nasser et de l’auteur. Le modérateur était M. Michel Abou Najm. Les intervenants ont unanimement constaté que tandis que la région s’embrase tout entière,  les puissances mondiales et régionales se contentent de guetter la découverte du gaz en Méditerranée, dont ils attendent les nouvelles règles du jeu.
►  Table ronde sur « Les chiites dans le Golfe entre patrie et communauté », avec M. Abdul-Ghani Imad, M. Aḥmad Al Mousalli et M. Saoud al-Mawla. Le modérateur était M. Rodrigue Abi Khalil.
►    Séminaire de M. Ahmed Zaatari sur le patrimoine de l’art islamique, modèle de projets de rénovation.
►   Hommage à la mémoire du penseur éclairé Hani Fahs, présenté par M. Marwan Al-Ayoubi, en présence de M. Ibrahim Shams al-Din et du député M. Samir Franjieh.
►    Hommage au poète du peuple Ahmed Fouad Najm, avec M. Talal Salman, M. Karim Mroueh et M. Sami Machaka. Présentation par M. Ahmed Ali Zein, avec les chants de l’artiste Ahmed Nizam.
►    Séminaire du cheikh Hassan Katergi autour du thème : « Pourquoi de grands intellectuels occidentaux se convertissent-ils à l’islam ? ».
►    Table ronde autour du livre du martyr Hamza al-Hajj Hassan intitulé Le Prince des Ténèbres, en présence de M. Talal Salman et du père du martyr, M. Shehadeh al-Hajj Hassan. Témoignages de divers journalistes de la presse écrite et des médias audiovisuels.
►    Table ronde sur le poème en prose de feu Ounsi El Hage avec M. Samir Atallah, M. Muhammad Ali Shamsiddin, M. Chawki Abou Shakra, M. Abd al-Qadir Hosni et Mme Nada El Hage.
►    Hommage au poète de la Palestine et résistant Samih al-Qasim, avec M. Michel Joha et M. Salman Zain el-Dine. Présentation par M. Saqr Abou Fakhr. Lecture d’une sélection de ses poèmes par M. Jihad al-Atrash. Regard laudatif Talal Salman
  La Foire internationale du livre arabe est devenue une fête annuelle où se diffusent les lumières de la connaissance. Les visiteurs s’y rendent en masse, les plus anciens y cherchent les poèmes qui ont enchanté leur jeunesse, les enfants y sautillent joyeusement en feuilletant les livres illustrés. Sans aucun doute il s’agit d’une fête, offerte par Beyrouth aux citoyens libanais accablés par leurs soucis, à leurs voisins, à leurs cousins syriens, aux autres Arabes, et à tous ceux qui se sentent concernés à travers le monde, par les affaires culturelles et la créativité. Cette fête de la culture offre un grand choix de publications, aussi bien  poétiques, littéraires ou romanesques, que scientifiques, historiques et géographiques, écrites en arabe pour la plupart, mais sans oublier la part importante de traductions et d'ouvrages d'autres sphères culturelles proposés dans leur langue originelle.
  Cette foire internationale du livre arabe est l’un de ces titres de noblesse dont s’enorgueillit la princesse Beyrouth. Beyrouth l’université, la bibliothèque, le journal et le livre. Beyrouth la librairie et le café littéraire du monde arabe. Beyrouth l'hôtel et la boîte de nuit. Beyrouth où affluent les curieux du monde entier, pour découvrir comment se côtoient la modernité et le patrimoine traditionnel.    Regard circonspect Iskandar Habache
  Organisée par le Club culturel arabe, la Foire internationale du livre arabe est avant toute chose, une occasion pour les maisons d'édition libanaises d’introduire leurs nouveautés dans les librairies. Elle est aussi une réelle occasion pour le public de prendre connaissance des plus récentes publications. Cet événement devient ainsi une alternative à ce qu’en Occident on appelle « la saison littéraire » ou « la rentrée littéraire ». Si les lecteurs occidentaux attendent le début du mois de septembre pour lire les nouveautés, les lecteurs libanais et les autres lecteurs arabes, quant à eux, attendent précisément la Foire internationale pour connaître les dernières publications. Regard critique Nadim Jarjoura
  La Foire internationale du livre arabe a perdu sa spécificité et sa capacité à se différencier sur la scène locale. Elle a sombré dans une sorte de routine mortelle, plutôt que d’opérer les changements radicaux dont elle aurait besoin, tant par l’introduction des nouveaux mécanismes de commercialisation et de distribution des livres que par l’organisation de tables rondes plus dynamiques et plus adaptées à l’époque  contemporaine et à ses questionnements. Cette foire peine à intéresser les jeunes qui s’en détournent : ses séminaires devraient aussi traiter de leurs préoccupations, de leur vie, de leurs aspirations, pensées et sentiments. Ce renouvellement est d’autant plus vital à une foire qui commence à faire partie des chapitres les plus poussiéreux d’une histoire déjà ancienne. Le livre religieux n’a pas perdu ses lecteurs. Le livre politique recule. Nadim Jarjoura
  Rien n'a changé. La situation du livre arabe est la même depuis de nombreuses années, marquée par la baisse du nombre de lecteurs, la mauvaise distribution et la censure. Des maisons d'édition dispersées s’efforcent d'atteindre le plus grand nombre possible de lecteurs. Certaines se plient en partie aux exigences du lectorat, sans pour autant déroger à leurs méthodes de travail. Le livre papier, en général, souffre de toute une série de chamboulements qui vont de sa production à sa relation avec le lecteur. Le livre spécialisé est confronté à un défi semblable ; mais, en raison même de sa spécialisation, il parvient à garder un ratio de lecteurs acceptable, parce que ceux-ci ont réellement besoin de lui.
  Malheureusement, la Foire internationale du livre arabe est bien incapable de fournir une solution aux problèmes du livre, que ce soit au niveau de sa production, de sa distribution ou de son lectorat. Les visiteurs nombreux qui la fréquentent chaque année viennent se promener entre ses stands pour en ressortir, pour la plupart, les mains vides. On allègue, année après année, les mêmes raisons pour justifier l’absence d’achat : la crise économique, la captation de la jeunesse par Internet, qui supplante l’intérêt pour les livres, et le manque de titres attractifs. Cela pour le livre en général. Mais qu’en est-il des livres religieux et des livres politiques, dans un pays qui vit des secousses dangereuses sur les plans politique, social et culturel, et des heurts dans les relations entre religions, confessions et communautés ?  Qu’en est-il de l’intérêt pour les livres religieux et politiques, dans des pays où religion et politique se chevauchent jusqu’à la plus grande confusion ? Dans quelle mesure ces deux matières sont-elles toujours présentes dans la conscience individuelle et collective, d’autant qu’une génération de jeunes s’est adoubée à l’ombre d’une idéologie politico-religieuse extrémiste et étriquée ?
  « Le livre religieux est toujours demandé, en particulier par les étudiants qui suivent des études de religion, qui ne peuvent s’en passer », dit Ahmed Kharsa (Dar Al Mahajja Al Baydaa). « Il ne fait aucun doute que le livre religieux a des lecteurs qui ne changent pas et ne diminuent pas, en particulier pour les biographies écrites de saints, dont 110 livres ont déjà été publiés jusqu’à cette année, » explique le Père George Balicki (Al Maktaba Al Bolisiya). « C’est la spécialisation qui explique la popularité des livres sur la jurisprudence et la théologie ; les étudiants constituent la majorité de nos lecteurs. »
  (…) Force est de reconnaître que le livre religieux n’a pas perdu ses lecteurs. Le livre politique, en revanche, recule. Quoi qu’il en soit, même pour un nombre restreint de lecteurs les maisons d’édition continuent à publier assez abondamment dans ces deux matières. Et la crise continue… tous genres confondus.  
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