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Il fut un temps où d’autres questions se posaient
«Comment sauver les Juifs d’eux-mêmes ?»
Antoine Chalhat

   Dès les premiers jours de son activité, le mouvement sioniste en Palestine a réalisé, dans son inconscient si ce n’est en toute conscience, que son plan allait se heurter à une résistance arabe farouche. Les intellectuels juifs « bâtisseurs » qui avaient émigré en Palestine et intégré l’effort visant à promouvoir les idées sionistes, n’ont eu de cesse de débattre des « meilleures méthodes » pour affronter ce qu’ils ont qualifié de « problème arabe », passant au crible toutes les solutions possibles, de la déportation de la population arabe autochtone vers d’autres régions à l’instauration d’un État binational. Ils ont également examiné toutes les possibilités de partition du pays et se sont accordés sur un principe essentiel : plus de terre et moins d’Arabes, un principe qui découle du « devoir » d’occupation et de contrôle du pays. Dans la foulée de ce débat, des personnalités juives sionistes, jouissant d’une certaine considération en Palestine, sont montées au créneau. En effet, elles ont pressenti le danger que courrait le Yishouv (la colonie juive native) si la Palestine était « accordée » uniquement aux Juifs, conformément à la Déclaration de Balfour de 1917, et elles ont affirmé leur réticence à l’idée d’occulter complètement l’existence des Arabes, allant jusqu’à prôner la solution de l’État binational, apte, selon elles, à « sauver les Juifs d’eux-mêmes ».

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