Les Nouveaux historiens: Électrons libres ou membres du système ?
Mohammad Moustapha
2014-07-07

Le concept des Nouveaux historiens s'est imposé dans les cercles du débat populaire et académique en Israël, dès le début des années 90. Certains font coïncider son apparition avec la publication de l'ouvrage de l'historien israélien Benny Morris, Naissance du problème des réfugiés palestiniens, sujet de sa thèse de doctorat rédigée en Grande-Bretagne. Cet ouvrage, qui a puisé dans les archives britanniques et israéliennes, représente le premier travail historique israélien documenté, prouvant qu'un plan pour la déportation des Palestiniens avait été établi en 1948.
  Pour certains, le phénomène des Nouveaux historiens précède la parution de l'ouvrage de Morris et résulte d'un long processus qui trouve son origine dans les études sociologiques israéliennes. En effet, la pensée critique dans la sociologie israélienne a devancé celle de l'historiographie israélienne et sioniste. Elle voit le jour dans les années 70, avec l'apparition de la deuxième génération de sociologues israéliens, notamment dans les universités de Tel Aviv, de Haïfa et de Ben Gourion. Cette nouvelle génération s'insurge contre la sociologie « jérusalémite » conservatrice, qui s'est développée à l'Université hébraïque de Jérusalem après la création de l'État hébreu et qui domine le paysage académique israélien. Parmi les sociologues israéliens qui ont défié le système conservateur, on cite Baruch Kimmerling, qui a étudié le sionisme considéré comme un mouvement colonialiste, Uri Ben-Eliezer, qui a examiné les orientations militaristes de la société israélienne et Sami

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