Le monde a observé le processus de l’élection présidentielle américaine, dont le discours de Donald Trump, basé sur le racisme et une économie populiste de droite, nationaliste à l’extrême, avec pour slogan : « Restaurer la grandeur de l’Amérique » (...) Un système américain en crise a conduit à la marginalisation et à l’appauvrissement de millions de personnes à l’intérieur du pays capitaliste le plus grand et le plus riche du monde, amenant les franges les plus marginalisées de la population ainsi qu’une partie de la classe ouvrière à choisir un candidat « hors système », dans un vote qui reflète leur désespoir et leur sentiment d’abandon, en même temps qu’il marque un rejet de la réalité produite par des décennies de politiques néo-libérales.
Les Etats-Unis se sont principalement construits sur le nettoyage ethnique des Indiens d’Amérique et sur le soutien apporté à l’étranger à des régimes réactionnaires et dictatoriaux, ainsi qu’au terrorisme ; ils adoptent aujourd’hui la même approche à l’intérieur, avec cette forme raciste d’un gouvernement producteur de « sa démocratie ». C’est ainsi que Trump a gagné l’élection présidentielle, sur une scène qui annonce le retour de l’aile fasciste pour le leadership capitaliste, dévoilant à l’horizon un avenir que menacent des risques accrus, surtout s’il est accompagné par de futures victoires d’autres droites extrêmes en Europe. Une évolution similaire a déjà eu lieu lors de la montée du nazisme et du fascisme en Europe : l’impérialisme n’avait alors fait que changer la forme de sa domination, comme résultat naturel de l’intensification de la crise.
Ce qui est nouveau dans cette dangereuse évolution, c’est qu’elle s’opère aujourd’hui au sommet de la pyramide, c’est-à-dire aux États-Unis, au moment où tous les indicateurs signalent son recul comme leader unique du monde, et alors que le conflit bat son plein dans cette transition entre un système unipolaire et un système multipolaire.
Dans ce scénario il nous incombe de multiplier nos efforts, sur les plans interne, arabe et international, pour faire face au projet américain dans toutes les zones de conflit, sans exception aucune, parce que les Etats-Unis continueront à attiser des guerres pour résoudre leurs crises internes et pour affronter d’autres puissances émergentes, afin que le monde entier demeure un théâtre de confrontation et de guerre. Dans ce contexte, nous devons rejeter tous les paris promus dans notre région sur une pseudo alliance avec Trump dans la lutte contre le terrorisme.

Hanna Gharib est secrétaire général du Parti communiste libanais.