Il faudra du temps, bien au-delà de 2017, pour que le monde se réveille du choc provoqué par la victoire surprise de Donald Trump, un choc encore plus grand à l’extérieur des États-Unis qu’à l’intérieur. Mais les piliers des régimes arabes, toutes tendances confondues, ont absorbé le choc à une vitesse record, ils se sont même précipités pour être les premiers à féliciter le gagnant (qu’ils ne connaissent pas et qui ne les connaît pas). Reconnaissant aussitôt Trump comme leur « maître », ils lui ont assuré obéissance et loyauté, piétinant au passage leurs vieux amis, et en premier lieu la dame qui les avait tant subjugués par sa cruauté et sa sévérité à leur égard : Hillary Clinton.
Installés au pouvoir par la force de l’arbitraire et de l’épée, ils ignorent tout des lois du jeu démocratique, et ne reconnaissent pas la démocratie elle-même. Ils sont simplement soucieux que le nouveau « maître » reçoive leur allégeance, et qu’il leur pardonne leur empressement auprès de son éblouissante rivale. Mais ils ne sont nullement concernés par les raisons qui ont conduit à ce bouleversement politique, moral et sociétal aux États-Unis, lequel promet pourtant de telles transformations qu’elles pourraient se répercuter de manière extrêmement dangereuse, non seulement sur les croyances et les idées, mais aussi sur les régimes du monde entier...