La nouvelle élection présidentielle, simple composante d’un régime confessionnel, ne peut être considérée comme une avancée dans notre histoire politique, avec les atermoiements et les ajournements sans fin qui ont été son lot ; on se souviendra qu’elle n’aura été qu’une longue suite de revirements dans les alliances, de bouleversements des positions et de volte-face politiques, substituant un candidat à un autre sans autre justification que le jeu des calculs personnels. L’attitude des citoyens – de simples ouailles dans un tel régime – face à ce Parlement fermé depuis des années et dont les membres ont prorogé par deux fois leur mandat, se résumerait, de guerre lasse, à cette exhortation : « Elisez un président et qu’on en finisse ! »
Non pas que l’élection présidentielle soit la solution à tous les maux, mais il s’agit d’une étape indispensable pour parachever les structures dirigeantes, et l’espoir qu’elle suscite malgré tout est le retour au cycle normal de la vie publique, afin que les institutions étatiques se remettent au seul travail qui devrait être le leur, servir le peuple... et ce à n’importe quel prix ! Chacun attend tout au moins que soit préservé ce qui reste de l’économie du pays, et que se maintienne la valeur de sa monnaie, afin que soit épargnée au Liban une nouvelle dégradation de sa situation !
Le citoyen en est arrivé à la conviction que ce système confessionnel est stérile, qu’il est corrompu et ne fait qu’étendre son pouvoir de corruption ; il a aussi compris que s’il est si tenace c’est parce qu’il est fortement protégé par des dirigeants confessionnels à qui il profite, et ce, quelles que soient les souffrances du peuple. Un peuple qui, malheureusement, se laisse facilement diviser en communautés, en confessions et sectes par des discours qui réveillent en lui le fanatisme religieux et sectaire. C’est pourquoi le citoyen indifférent se prenait à répéter : « Que le premier venu soit intronisé président ! » L’important est que la vie reprenne son cours, que l’Etat ne reste pas sans tête ni feuille de route, courant à la faillite comme un infirme inconscient de ses maux.