D’un point de vue purement humanitaire, il y a de quoi être fier du Liban, classé aujourd’hui comme première terre d’asile, si l’on en juge d’après le nombre de réfugiés présents sur son territoire, rapporté au nombre d’habitants. Selon les chiffres officiels (dont ceux du Haut Commissariat pour les Réfugiés - HCR), près d’un million et demi de réfugiés syriens y sont enregistrés (soit 220 réfugiés pour 1000 habitants), ainsi que 20 000 réfugiés irakiens et environ 1 500 réfugiés provenant du Soudan, de Somalie ou d’Ethiopie. Il faudrait également ajouter les réfugiés palestiniens, puisque ceux-ci restent à ce jour des déracinés sans pays, parmi lesquels on compte ceux qui sont présents depuis l’occupation de la Palestine et la Naqba de 1948, ceux qui sont venus après la défaite de 1967 (enregistrés à l’UNRWA), et environ 50 000 réfugiés palestiniens provenant de Syrie. Le nombre de réfugiés de différentes nationalités au Liban avoisine ainsi deux millions et demi de personnes, si nous y ajoutons ceux qui ne sont pas enregistrés par le HCR. Celui-ci a en effet cessé ses enregistrements à la fin de mai 2015, à la demande du gouvernement libanais. 70% de ces réfugiés vivent au Liban sous le seuil de pauvreté, avec 3,8 dollars par personne et par jour.
Les autorités libanaises, ainsi que des politiciens de tous bords, tirent la sonnette d’alarme, pour des raisons d’Etat évidentes, d’autant que le Liban n’a même pas signé la Convention de Genève sur les réfugiés (en 1951). Et les allusions racistes ne manquent pas au pays des cèdres. Dans un monde de plus en plus xénophobe, il n’y a pourtant pas de quoi avoir honte d’être classé premier dans un domaine humanitaire.