Le mouvement Fatah a compté deux Juifs en son sein, Uri Davis, ashkénaze, et Ilan Halevi, séfarade. Uri Davis, le Britannique, a été désigné membre du conseil révolutionnaire par le sixième congrès du mouvement (en août 2009) ; il était membre du parti depuis 1984 en Tunisie, devant Yasser Arafat et Khalil El-Wazir (Abou Jihad). Il signait ses articles de son vrai nom et les accompagnait de la mention « Juif palestinien ». Il a vécu à Ramallah et a épousé une Palestinienne, Maysa Abou Ali. Uri Davis n’est pas le seul Juif de Fatah, le plus célèbre étant Ilan Halevi, né à Paris en 1943 au sein de la famille Laoui, juive ultra-orthodoxe. Il découvre la cause palestinienne au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, se rend à Jérusalem en 1963 et participe à la constitution de Matzpen hostile à l’État d’Israël. Puis il rencontre Yasser Arafat, dont il devient le conseiller avant d’intégrer le mouvement Fatah ; il deviendra le représentant de l’Organisation de libération de la Palestine au Comité des droits de l’homme des Nations unies, ainsi que dans l’Internationale socialiste. Il est l’un des principaux contributeurs à la Revue d’études palestiniennes qui paraissait à Paris, en français. Halevi décède le 10 juillet 2013. Citons également le rabbi Moshe Hirsch, leader de Neturei Karta ; avec l’avènement du premier gouvernement de l’Autorité nationale palestinienne, Yasser Arafat le désigne ministre des Affaires religieuses. Afin que cette désignation ne plonge pas le rabbi Hirsch, qui a accepté de rejoindre le gouvernement palestinien, dans l’embarras, Yasser Arafat décide de tenir les réunions du gouvernement le samedi, jour de congé absolu et sacré pour le rabbi Moshe Hirsch, qui n’assistera pas aux réunions.
Il importe aussi de rappeler à notre souvenir les militants Udi Adib et Rami Livni : ils ont créé le Front rouge avec le militant palestinien Daoud Turki, dans le but de lutter contre le sionisme et Israël en créant un État arabe (moyen-oriental) socialiste où seraient abolis les clivages de classes et toute persécution nationale. Ils ont affronté avec courage la sentence prononcée à leur encontre après leur arrestation en Israël et sont restés fidèles à leurs principes socialistes antisionistes.