Tous les Juifs ne sont pas des « sionistes ». De même, nombreux sont les non-Juifs, voire les « Arabes », qui – politiquement – ont ressenti le poids de la défaite et rejoint les rangs de l’ennemi, arguant de leur impuissance comme s’il s’agissait d’une fatalité. Le mouvement sioniste lancé par des leaders ambitieux et des penseurs racistes et capitalistes a réuni ces derniers autour d’un projet colonialiste déclaré, dont il a élaboré les documents, lesquels ont été approuvés au cours de la fameuse conférence de Bâle. Il a réussi à séduire un large public de « Juifs démunis », faisant le vœu de récupérer le Temple, de mettre fin à l’ère de « l’exil » loin de la terre promise en créant un État pour les Juifs du monde entier sur une terre qui, loin d’être la leur, avait toujours été – et était encore – habitée par son peuple.
Le mouvement sioniste a œuvré afin d’inclure son projet d’occupation de la Palestine dans le projet occidental de colonisation de l’Orient arabe, à la veille de l’effondrement de l’Empire ottoman. C’est ce même projet qui a été adopté par la Grande-Bretagne. Cette dernière émet la Déclaration de Balfour en complément aux accords de Sykes-Picot conclus avec la France pour le partage de la région, s’engageant à donner la Palestine aux Juifs, en vertu d’une loi qui aurait décrété que « celui qui ne possède pas donne à celui qui ne mérite pas » !
Cependant, certains Juifs considéraient ce mouvement sioniste comme un projet colonialiste d’implantation et y voyaient une agression directe contre les droits du peuple palestinien sur son territoire.
Ce dossier intitulé « Ces Juifs qui se sont dressés contre le sionisme » présente les groupes juifs de la première heure qui ont rejeté le sionisme, tels les Hassidim, un courant de juifs mystiques dont a émané le groupe Neturei Karta (les Gardiens de la cité), ainsi que certains courants travaillistes. Il propose en parallèle des articles d’auteurs, d’écrivains et de penseurs qui ont refusé le sionisme et l’État d’Israël, et il fait aussi la lumière sur des courants politiques comme Matzpen (la Boussole).