Il y a maintenant plus d’une dizaine d’années que le Liban a soi-disant déclenché sa « révolution des cèdres », mais les suiveurs de ladite « révolution » ont-ils examiné le passé frauduleux de ses figures héroïques ? Comment peut-on seulement attribuer à des individus réputés pour leurs escroqueries, l’étoffe de meneurs révolutionnaires ? A démystifier notre révolution, on reconnaîtra qu’il y avait jadis de hauts officiers syriens qui se partageaient des fonds publics, détournés avec la complicité des zaïms, barons locaux de la vie politique, et que ceux-ci ont fini par jeter leurs maîtres dehors pour se débarrasser de leur tutelle. Cela ne constitue pas, loin de là, une prise d’indépendance. Une indépendance véritable ne s’acquiert que si les hommes au pouvoir – pro-syriens comme anti-syriens – cessent de se conduire comme de vulgaires bandits de grand chemin.
Et ce qui vaut pour le Liban vaut pour le reste du monde arabe, où les printemps n’achèveront leur éclosion que lorsque les révolutions auront assaini les régimes de toute gabegie.Or les révolutions arabes se sont empêtrées dans cette glu célèbre au pays des Cèdres : la corruption.
Avortées, elles s’apparentent aujourd’hui davantage à des coups d’Etat. L’esprit révolutionnaire doit préparer l’avènement d’une nouvelle culture politique et administrative. Déclencher une révolution est chose aisée, en mériter le nom est plus ardu. Pour cela il faudrait déployer les efforts titanesques d’une véritable révolution citoyenne.