PICTORAM est à la fois un livre et un magazine qui promeut l’art et la culture du Liban partout dans le monde selon les mots de son fondateur Robert A. Matta. Plus de deux cents pages d’enquêtes et d’hommages témoignent de « la force de l’engagement » et des « valeurs plus que jamais fédératrices » qui animent les artistes, tant sur le sol libanais que dans la diaspora. Cette revue annuelle francophone est née il y a deux ans et est disponible gratuitement en 2 000 exemplaires sur papier, ou téléchargeable dans son intégralité sur le site www.pictorammag.com. Le musée Sursock a été récemment le théâtre d’une conférence de presse pour en célébrer le deuxième numéro, sous le patronage de M. Raymond Araygi, ministre de la Culture au Liban.
On y trouve notamment un dossier complet sur les coulisses d’un théâtre national vigoureux, lui qu’on dit souvent moribond, porté par des dramaturges, metteurs en scène et acteurs totalement dédiés à leur art. Suit un état des lieux des musées et galeries du pays, avec une mention particulière pour le musée Sursock récemment réouvert, dont la programmation ambitieuse entend démocratiser l’accès à l’art moderne et contemporain. La revue consacre par ailleurs de nombreuses pages à l’édition et à la presse, célébrées et encouragées en dépit de leurs difficultés, parmi elles Le Safir francophone, désormais partie intégrante du paysage culturel francophone. PICTORAM, selon sa rédactrice en chef Randa Sadaka, « mène l’investigation et rend aussi hommage aux bons mots des autres, à une presse culturelle libanaise vaillante, sachant maintenir le cap, même en eaux troubles ».
Les visages et les noms, les initiatives se multiplient au fil des pages, montrant une scène artistique et culturelle brillante et dynamique. Face à un environnement destructeur, opposant au chaos la force de sa créativité, le Liban semble ainsi placer ses dons artistiques au cœur de sa résistance.