EDL a mis la dernière touche à son budget 2015, évalué à 4009,8 milliards de livres, soit 330 milliards de livres de dépenses en moins par rapport à 2014 (l’équivalent de 220 millions de dollars, suite à la baisse du prix des carburants) et 500 milliards de moins que l’année précédente (2013).
Ces résultats financiers n’entraînent toutefois aucune amélioration de l’alimentation électrique, puisque la production continue de stagner à 1500 mégawatts tandis que la demande atteint, lors de la saison estivale, des pics de 2700 à 2800 MW.
L’été et le mois de ramadan se sont donc profilés pour le citoyen comme l’immuable promesse d’une augmentation du rationnement, accompagné de charges supplémentaires. Plusieurs facteurs, politiques, administratifs et financiers sont en cause dans le dysfonctionnement du secteur :
En premier lieu, la production demeure bien en-deçà des besoins, même avec l’apport des navires, véritables centrales flottantes au large du Liban, qui assurent actuellement 250 à 280 MW, soit l’équivalent du quart de la production. Il était prévu que cette opération se conjugue avec la finalisation des travaux de mise à niveau et de maintenance dans les usines de production, mais ceux-ci accusent un retard d’environ huit mois à Zouk et Jieh, et ils ont été purement et simplement interrompus à Beddaoui, suite à un différend relatif au paiement des créances opposant les ministères de l’Énergie et des Finances.
Un second facteur est la poursuite du gaspillage, mais aussi du vol d’énergie sur les réseaux, auquel se livrent les propriétaires de générateurs, sous couvert politique, dans beaucoup de régions. A l’exception des sociétés de franchise qui collectent 98% des factures et accusent un taux de gaspillage n’excédant pas 2,5%, celui-ci atteint des proportions inouïes dans les régions : 24,6% à Beyrouth, 52% au Sud, 57% au Nord et 57% dans la Bekaa (hormis la franchise de Zahlé).
N’oublions pas non plus que le déficit continu d’EDL, depuis le début des années 90 jusqu’à ce jour, représente 40% du déficit global du budget national. Ce chiffre a grimpé à 42% au cours des dernières années, imposant au citoyen et au Trésor des charges particulièrement lourdes, dues principalement à l’augmentation des coûts de production.
Le budget d’EDL prévu pour 2015, et maintes fois amendé suite à la baisse du prix du pétrole sur le marché mondial, n’a contribué qu’à amortir légèrement ce déficit, qui a baissé de 1200 à 1000 milliards provisoirement par rapport aux deux dernières années – lesquelles ont connu une baisse progressive du prix du baril de pétrole d’environ 25%. En outre, compte tenu que la tarification de l’électricité au Liban est établie sur base d’un prix du baril de pétrole variant entre 25 et 35 dollars, il s’ensuit que la tarification officielle de l’électricité demeure largement subventionnée par l’État. Le coût de production d’un kilowatt-heure étant ainsi évalué entre 227 et 238 livres, il est vendu à 62 livres pour les franchises et entre 142 et 147 livres aux abonnés dans les différentes régions.
Sachant que l’énergie facturée s’élève seulement à 9,9 millions de kWh sur un total évalué à 14 962 053 kWh d’énergie produite et distribuée, le gaspillage atteint la proportion de 33,6%. Par conséquent, la collecte prévisionnelle pour 2015 sera de 1309,9 milliards de livres environ.