L’entente sur le nucléaire est historique et possède une portée stratégique et économique majeure, contribuant à la stabilisation, l’instauration de la confiance et la consolidation des relations entre les États de la région. Les effets économiques se font sentir progressivement, avec la levée de l’embargo sur les exportations pétrolières iraniennes et la libération des fonds bloqués dans les banques occidentales, dont le montant s’élève à 120 milliards de dollars ; il devient aussi possible pour l’Iran de réintégrer le système monétaire international, pendant que les sociétés du monde entier sont à nouveau autorisées à investir dans le pays. Quant aux effets stratégiques, ils se manifestent par l’ouverture de l’Iran au monde et le renforcement de son influence régionale.

Les sanctions occidentales contre l’Iran ont eu toutefois de nombreuses retombées économiques et financières :

- La chute de la croissance : la crispation de l’économie iranienne entre 2012 et 2013 est de l’ordre de 8,5%.

- La hausse du taux de chômage, qui est passé de 10 à 20%.

- Le recul des exportations pétrolières dans une proportion de 60%, passant de 2,6 millions de barils par jour en 2011 à 1,21 million en 2014, entraînant une forte baisse des rentrées annuelles, tombées de 100 à 30 milliards de dollars.

- La baisse de la production pétrolière qui passe de 4 millions de barils par jour en 2011 à 2,5 millions en 2014.

- La perte d’importants investissements, pour cause de rétractation des grandes sociétés internationales, notamment des compagnies pétrolières, dont les pertes en matière d’investissements dans le secteur de la nouvelle technologie pétrolière s’élevaient à 60 milliards de dollars environ en 2011.

- La réduction des réserves en devises, qui chutent de 200 milliards de dollars et dont 120 restent par ailleurs gelés dans les banques occidentales.

- La dévaluation du rial iranien dans une proportion excédant 56% durant la période 2012-2014, si bien qu’un dollar s’achetait pour 37000 rials.

- La montée des taux d’inflation de 15 à 45%.

Si les sanctions occidentales ont échoué à freiner l’expansion de l’influence régionale iranienne, notamment en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen et à Gaza, elles ont incontestablement réussi à exercer une forte pression économique et financière sur le pays.

L’économie iranienne passe toutefois pour une économie forte dans la région, le PIB étant de 370 milliards de dollars pour une population de 77 millions d’âmes. Cela signifie que l’Iran occupe la deuxième place après l’Arabie Saoudite sur le plan économique, et la deuxième place après l’Égypte sur le plan démographique. Le pays possède également la deuxième réserve de gaz naturel et la quatrième réserve pétrolière au monde, sachant que 18 millions de barils de pétrole iranien, soit 20% des exportations pétrolières mondiales, transitent quotidiennement par le détroit d’Ormuz.

L’entente sur le nucléaire aura sans aucun doute, pour l’Iran, des conséquences économiques et stratégiques dont les effets se laisseront progressivement constater :

- L’augmentation des exportations pétrolières, qui devraient remonter de 1,21 à 3,6 millions de barils par jour, ne manquera pas de se répercuter positivement sur les rentrées iraniennes, d’autant plus que les recettes pétrolières constituent 70% de l’ensemble des revenus du pays.

- L’Iran attend une relance de sa croissance économique, actuellement modeste (2,5%), vers des moyennes très honorables (6%), l’arrêt de l’inflation, qui a atteint le pic de 15%, la baisse du chômage qui sévit à 13%, l’assainissement du rial iranien et la dynamisation de l’activité par des investissements étrangers dits directs, actuellement faibles (3,6 milliards de dollars), grâce au concours des sociétés internationales dans tous les secteurs économiques, et notamment dans le secteur pétrolier en pénurie de 130 milliards d’investissements jusqu’en 2020.

- Stratégiquement, l’entente sur le nucléaire aura pour effet de rattacher à nouveau l’économie iranienne à l’économie mondiale, de l’y intégrer et de rétablir des relations financières et bancaires entre l’Iran et le système financier mondial. Par ailleurs, elle confortera l’influence de l’Iran et sa présence régionale, lui conférant un rôle central et confirmant son statut de puissance économique majeure.