« L’art gâte quelquefois la nature, en cherchant à la perfectionner » : cette citation de La Bruyère est-elle injuste envers l’art ? On pourra répondre à cette question en visitant  BEIRUT ART FAIR 2016, du 15 au 18 septembre. Révéler les jeunes talents de la région ME.NA.SA (Middle East, North Africa, South Asia) ; donner des clefs pour comprendre les spécificités historiques d’une modernité différente ; offrir un programme riche de visites, de rencontres et d’échanges : tels sont les trois grands axes de la foire de l’art de Beyrouth. Une foire créée en 2010 et dirigée par Laure d’Hauteville, commissaire d’exposition. La direction artistique est assurée par Pascal Odille, expert en art moderne et contemporain, et Marine Bougaran, directrice des « espaces projets ». Pour les organisateurs, « le renouveau, le dynamisme et l’ouverture internationale de la capitale libanaise concourent à la spécificité et à l’originalité de BEIRUT ART FAIR, foire axée sur la découverte, la proximité et les échanges ».
De nombreux événements sont au programme : BEIRUT ART WEEK invite l’art contemporain au cœur de Beyrouth ; REVEALING inaugure un espace d’exposition inédit entièrement consacré aux jeunes talents les plus prometteurs. Une série de tables rondes, mêlant artistes, commissaires d’exposition, directeurs d’institution, critiques, galeristes et collectionneurs, défricheront la complexité d’un paysage créatif en constante évolution, partageant découvertes, points de vue et analyses (pour plus d’informations : www.beirut-art-fair.com). Plusieurs banques financent les activités culturelles de la foire, un soutien indispensable pour que le Liban ne perde pas son visage culturel. Mais pour Le Safir francophone, fidèle à son engagement féministe, l’événement le plus notable de la foire est sans conteste l’hommage aux artistes femmes qui ont exercé au Liban de 1945 à 1975. Mettant en avant toute la force et l’énergie créatrice de ces pionnières souvent méconnues du grand public, Pascal Odille a souligné : « un grand nombre de femmes ont ponctué et animé la création plastique au Liban de l’après Seconde Guerre mondiale aux années 70. Elles ont à leur manière bouleversé les codes et ont donné à leurs successeurs la possibilité d’intégrer l’histoire contemporaine. »