L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a déclaré que des enquêtes américaines avaient révélé des cas de corruption et de fraude dans les programmes d’aide à la Syrie, suscitant des inquiétudes face au mercantilisme dans le secteur humanitaire.
Dans une déclaration à un comité de la Chambre des représentants, l’inspectrice générale de l’USAID, Ann Calvaresi Barr, a confirmé que les enquêtes en cours, chargées de surveiller les aides octroyées par l’agence, soulevaient de nombreux problèmes. La contribution des États-Unis à l’aide humanitaire dans la crise en Syrie s’élève à des milliards de dollars.
Les enquêtes ont montré que la fraude la plus courante impliquait une collusion entre les entreprises qui vendent des fournitures humanitaires et le personnel des partenaires locaux de l’USAID, lesquels ont accepté des pots-de-vin ou des commissions occultes en échange de leur aide à gagner un contrat.
On note aussi des cas où des articles ont été remplacés par des alternatives moins chères, ce qui a entraîné une facturation gonflée. Un fournisseur turc a même livré des kits de rations alimentaires avec du sel au lieu de lentilles.
Les livraisons n’ont pas été correctement vérifiées, a déclaré l’inspectrice, en citant un cas où les partenaires locaux de l’USAID avaient accepté des colis alimentaires sur la seule base de leur poids, sans en inspecter le contenu, pour découvrir finalement que de la nourriture de moindre qualité avait été substituée.
Depuis février 2015, l’USAID a reçu 116 allégations de fraude dans l’approvisionnement, de vol et de corruption, ce qui représente une augmentation significative du nombre de plaintes par rapport à l’année précédente. A ce jour, six programmes de l’USAID ont été suspendus. (...)