L’express
(…) Il est utile de rappeler le lien entre des événements qui n’ont, a priori, rien à voir : le printemps arabe et le tourisme sexuel. Pourtant, un fil ténu les unit. Le printemps arabe est une insurrection contre le mépris et l’humiliation, la fameuse hogra maghrébine. Le soulèvement démocratique observé d’un bout à l’autre du monde arabe dénonce la violence contre les faibles, l’injustice, le mépris, la corruption, le népotisme. Or c’est en Egypte et en Tunisie, les deux plus grandes destinations touristiques de la région, qu’il a été à la fois le plus précoce et le plus abouti. Et c’est à Marrakech qu’un attentat a délibérément ciblé en avril des touristes européens. Est-ce fortuit ?
Ces pays sont classés par l’ONU sur la liste des destinations du tourisme sexuel. Dès l’époque coloniale, l’Afrique du Nord était terre d’élection pour les amours viriles, alors criminalisées en Europe ; de nos jours, certains Occidentaux et de riches émirs du Golfe profitent de cet espace de tolérance.
(…) Bien avant Luc Ferry, de nombreux livres et échos de presse ont rapporté les frasques d’hommes politiques français. La passion nationale pour les riads marocains et les villas tunisiennes n’est pas due qu’à l’amour du tagine et des bricks. Tout cela est discrètement su et tu. Or, avec la pédophilie, c’est de crime dont il s’agit. (…) Il serait détestable que l’Afrique du Nord demeure un lieu de quiétude pour le tourisme sexuel.