Al Jazeera
J’éprouve une grande difficulté à comprendre la position indulgente des tribunaux légaux issus de la loi islamique sur la question du viol des enfants. Je suis frappé par la clémence des jugements rendus (qui se résument à quelques années de prison, parfois même quelques mois seulement, et à un certain nombre de coups de fouet), en comparaison avec les condamnations à mort dans le cas de viols sur jeunes filles mineures. Pourquoi cette différence, a-t-elle à voir avec la culture collective ?
Dans un pays laïque comme la Turquie, un jugement rendu en 2016 dans la ville de Karaman, contre un enseignant accusé d’avoir violé au moins dix enfants, a été de 508 ans de prison. En comparaison, un tribunal saoudien a condamné un jeune homme de dix-neuf ans à seulement dix mois de prison et 80 coups de fouet pour avoir violé un mineur de quatorze ans. Le père de la victime a signalé que le jeune homme avait attiré son fils alors qu’il était près de sa maison, puis qu’il l’avait violé… Ce genre de jugements pose beaucoup de questions sur le dictat d’une compréhension rigide et littérale de la loi islamique par le législateur indulgent, alors que le cadre législatif des pays occidentaux considère ces crimes odieux contre la dignité et les droits des mineurs, comme de la plus haute gravité…
(…) Notre crise réside dans l’environnement du cerveau législateur. Les questions d’honneur et de chasteté se réduisent aux péchés des femmes, elles ont trait à leurs vêtements et leur pudeur, à la culture de la honte, toute violation de l’honneur d’une femme étant considérée comme une violation de l’honneur de la famille et de la tribu, tandis que le viol des enfants mâles fait partie des jugements relatifs aux « petits défauts », et est pratiquement passé sous silence. Or, comme pour le viol des mineures, les jugements devraient être sévères et dissuasifs contre un tel comportement criminel, et le juge ne devrait plus montrer aucune clémence face aux violeurs d’enfants de sexe masculin.