Le livre Sauver les médias : capitalisme, financement participatif et démocratie souhaite présenter aux médias en crise un nouveau modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIème siècle. Paru l’année dernière, le livre est toujours d’actualité et son auteur française Julia Cagé a donné à ce sujet une conférence organisée récemment à Beyrouth par l’Association francophone de journalisme et l’Institut français.
Avec les médias, c’est toute la chaîne de production de l’information qui est en crise. Confrontés à une concurrence croissante et à une baisse inexorable des recettes publicitaires, les journaux, les radios, les télévisions, sont tous à la recherche d’un nouveau modèle. Fondé sur une étude inédite des médias en Europe et aux États-Unis, le livre propose de créer un nouveau statut de « société de média à but non lucratif », intermédiaire entre le statut de fondation et celui de société par actions. Ce statut permettrait d’œuvrer pour des médias indépendants des actionnaires extérieurs, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs, de leurs salariés et des internautes. Julia Cagé a souhaité explorer l’adaptabilité de son modèle au Liban, dont les déboires de la presse écrite inquiètent l’Occident, vu que les médias consolident la base de la démocratie. Les propositions de Cagé donnent cependant d’emblée la part belle aux aides de l’Etat et du secteur privé, pour proposer ensuite de les dépasser ; or au Liban aucun des deux ne s’intéresse à la presse écrite. Quoi qu’il en soit, l’enjeu demeure d’autant plus important que le jour où les principaux titres de presse disparaîtront, le lecteur sera réduit à une presse de qualité médiocre qui le vouera à l’abrutissement.