As-Safir est le rêve dont vous vous assurez la garde !
Le jour ne se lève pas complètement sans As-Safir, et notre conscience n’est apaisée qu’une fois le journal en main, même s’il nous renvoie sans concessions à notre situation et à celle des Arabes, telles qu’elles sont, avec tout ce qui menace notre identité et nos pays, sans rien omettre des afflictions, de la misère et des infortunes, des déplacements forcés, des guerres et des destructions, des effusions de sang que subissent les peuples de la région, comme si l’espoir était perdu à jamais !
M. Salman, vous nous avez surpris avec cette décision, si bien que nous l’avons prise pour une de ces rumeurs qui se propagent si aisément à notre époque, sans qu’il soit possible de connaître ceux qui, sans foi ni loi, les colportent et en tirent profit.
Nous étions si inquiets : vouliez-vous, par désespoir ou pour une cause mystérieuse, que disparaisse le « rêve » qui est sous votre garde et que nous touchons chaque jour ? Je ne vous ai pas appelé pour ne pas entendre de votre bouche la nouvelle choquante. Estimez-vous qu’à mon âge, je puisse supporter d’apprendre un drame directement de celui qui en est affligé, sachant que mon cœur ne peut plus supporter même les petites blessures ? Alors, qu’en serait-il des plaies létales ?
As-Safir est votre belle enfant, mais aussi la voix des millions de gens qui ont vécu entre ses lignes. As-Safir est votre charmante enfant, mais c’est aussi l’amour de ceux qui ne peuvent s’en séparer.

Message envoyé par l’ayatollah cheikh Afif el-Naboulsi à M. Talal Salman