On rencontre rarement un écrivain ou un poète, un peintre ou un musicien qui prenne soin de son apparence, se soucie de son corps pour en préserver la souplesse, ou qui soit attentif à se maintenir en bonne santé. On voit rarement la gent des intellectuels et des artistes pratiquer de l’exercice physique, suivre un régime ou porter attention à la manière dont elle s’habille, à l’élégance de la mode. Nous nous sommes habitués à cette catégorie de créateurs, grands fumeurs, vieillissant avant l’âge, paresseux, abusant de l’alcool, préoccupés seulement des sept cieux c’est-à-dire de leur cerveau, dont ils exercent les neurones par la lecture, l’écriture et l’imagination. La relation à leur corps, en revanche, n’est pas saine. De quoi pousser la poétesse égyptienne Alia Abdul Salam à se demander : « Comment un poète peut-il me parler de la beauté alors qu’il dégage une odeur repoussante ? Et comment peut-il m’entretenir de la légèreté et de la sensibilité du processus créatif, alors qu’il est pratiquement obèse ? »