Ruth Handler a créé en 1959 une poupée de plastique qu’elle a appelée Barbie, du nom de sa fille Barbara, afin de répondre au désir de l’enfant de jouer avec une poupée ayant un véritable corps d’adulte et un visage de blonde aux traits fins. La poupée au corps de femme allait connaître un succès sans précédent chez les petites filles du monde entier (et même les adolescentes) et pulvériser les chiffres de vente. Bien davantage, avec ses mensurations idéales, la Barbie allait entrer dans le langage des adultes, une belle femme recevant le compliment « jolie comme une Barbie ». En 2015, les ventes de Barbie diminuent de 14 %, après que des études ont assuré que ce genre de poupée pouvait provoquer une déstabilisation psychologique des enfants. Mais cette baisse des ventes est aussi liée à la diffusion d’un courant d’opinion qui refuse la stéréotypisation d’un corps féminin représenté comme trop parfait. Cela coïncide avec une tendance sur les réseaux sociaux à revenir à un corps « normal », y valorisant des photos de gens ordinaires, et avec une propension plus générale à se réconcilier avec son corps. S’alignant sur cette évolution, le fabricant de jouets Mattel vient de créer de nouvelles versions de sa Barbie, plus petites et plus rondes.