S’extraire du temps occidental et revenir au temps arabe. Réintégrer consciemment son passé et s’honorer de son patrimoine pour freiner la hideuse homogénéisation du monde. Possible ? Possible en Tunisie.
Alors que le monde entier était obnubilé par les images des derniers attentats terroristes de Paris, les Tunisiens se réunissaient dans le nord-est du pays pour écouter une conférence… sur le piment. L’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul en était l’organisatrice, le piment étant à la base d’un mets particulièrement prisé, la harissa. L’origine du piment, son acheminement, ses différents genres, et… sa démocratisation : l’auditoire, de tous âges, écoutait, fort concentré, prenait des notes, comme s’il allait passer un examen. Un autre monde. 

Cet autre monde, j’y étais. Une amie m’y avait entraînée. Nul n’osait perturber le silence attentif de l’assistance, où chacun se fondait sans chercher à occuper le devant de la scène. Un seul héros en fait : le piment.

Oui, la Tunisie d’après révolution se veut démocrate jusque dans les détails, et s’applique en toutes choses à tirer le meilleur d’elle-même.