Désormais, la lutte intestine s’exporte. Car quiconque s’en prend au rattachement du Hezbollah à l’Iran, affirme ouvertement, de ce fait, qu’il combat le projet « impérialiste » de l’Iran non seulement au Liban mais dans l’ensemble de la région. Les deux coalitions libanaises en présence (celle du 8 mars, ouvertement pro-iranienne, et celle du 14 mars, alliée de l’Arabie) demeurent toutefois également impliquées dans le conflit régional, sur lequel elles misent avec une même insistance. Dans ce contexte, seul le dialogue contribue, partiellement, à épargner au Liban les retombées de leurs agendas régionaux. Ce dialogue prouve en effet qu’il s’est institutionnalisé et qu’il permet de trouver une issue aux turbulences et aux remous qui entachent plus d’un dossier. Il en fut ainsi dans le dossier sur le retrait des discours confessionnels de l’espace public, où l’unique solution consistait à dissocier les positions politiques de l’accord conclu. Peu nombreux sont ceux qui savent discerner la teneur des discours, mais la situation de fait s’est imposée d’elle-même.

Si la guerre des tribunes entre les deux coalitions s’est déplacée jusqu’à La Haye à l’occasion du témoignage du président du Conseil Fouad Siniora devant le tribunal international, à son retour Nawwaf Al Moussaoui, député membre du Bloc de la fidélité à la résistance, n’a pu résister à l’envie de « titiller » Siniora, à l’issue d’une allocution prononcée dans la localité de Jwayya dans le Sud Liban, le 21 mars, en lui souhaitant une « bonne fête » de Norouz (le nouvel an persan).

Mais quoi qu’il en soit de ces passes d’armes internes, il est clair que le discours du parti du 14 mars s’adresse aujourd’hui plus ouvertement à l’Iran. Le Hezbollah n’essuie plus d’accusations qu’en sa qualité d’instrument iranien contrôlant le Liban. Car c’est justement à ce titre qu’il consolide la présence de l’« empire iranien » (…)