Il serait nécessaire de revoir certaines appellations et certains concepts, à la lumière des déclarations de hauts responsables iraniens appelant à un retour à « l’empire historique », cela sans aucune considération – pour ne pas parler de mépris – envers les peuples arabes et leur diversité ethnique et communautaire.
Nous proposons de remplacer désormais la formule « République islamique d’Iran » par celle de « Perse islamique », sachant qu’aucun des alliés de Téhéran n’a protesté contre ces déclarations. Cette appellation n’est-elle pas plus claire et proche de la réalité ?

(…) L’entrée de la Perse islamique en Irak, active tant par son intervention militaire indirecte que par l’usage de certains symboles politiques, représente bien une réalité en rapport avec ces rêves d’empire historique qui ont récemment refait surface.
Sur le plan de la discorde sectaire, la Perse islamique s’est clairement placée en position de confrontation avec la majorité du peuple syrien, aux côtés du gang al-Assad, dès les premières heures de la révolution pacifique. Cette politique, couplée à la campagne de répression orchestrée par le régime syrien à coups de massacres et de bombardements, devait naturellement contribuer à l’émergence de mouvements extrémistes. (…) Comme le ministre des Affaires étrangères Saoud el-Fayçal a eu raison d’affirmer que la Syrie se trouvait entièrement sous occupation perse !

(…) Est-il par ailleurs nécessaire de rappeler la politique expansionniste de la Perse islamique au Soudan et aux abords de l’Égypte, même si elle y prend une autre forme ? 
L’accord nucléaire attendu va sans doute être conclu. La Perse islamique avait la capacité de produire une bombe atomique depuis 2008. Nous sommes bien conscients que si Téhéran possède cette bombe, le monde arabe et islamique tout entier se lancera dans une course effrénée à l’armement, mais nous ne pouvons occulter le fait que l’Occident, en restant muet face au projet nucléaire israélien, a donné à l’Iran un prétexte pour poursuivre le sien.
L’accord sur le nucléaire arrive à son dénouement, mais avant que les grandes compagnies occidentales ne se précipitent pour investir sur les marchés iraniens, il serait utile de se demander si les montants en jeu, plus de 150 milliards de dollars, iront à des projets de développement en faveur des citoyens iraniens ou s’ils seront versés en priorité pour soutenir les projets expansionnistes de la Perse islamique.