L’ardent désir du Derviche

 

de Hammour Ziada

 

Situé au Soudan, au XIXème siècle, au moment de la chute de l’Etat religieux établi par le Madhi, L’ardent désir du Derviche évoque le destin de Bakhi Mindeel, un ancien esclave récemment sorti de prison et cherchant à se venger de sa captivité. Sa libération coïncide avec la fin de la guerre mahdiste, au moment où le Madhi et ses partisans étaient battus et obligés de fuir. Cette guerre coloniale britannique opposa l’Egypte et une partie de la société soudanaise qui cherchait son indépendance sous la conduite du Madhi, chef religieux charismatique. L’ardent désir du Derviche apporte une lecture du conflit culturel entre les chrétiens européens et les soufis musulmans, explorant des notions comme l’amour, la religion, la lutte politique et la trahison.

Hammour Ziada est un écrivain et journaliste, né à Khartoum en 1977. Il a dirigé les pages culturelles du quotidien soudanais Al Akhbar. L’ardent désir du Derviche, son second roman, a reçu en 2014 la médaille Mahfouz de littérature.

Publié chez Dar Al Ain, maison d’édition égyptienne.

Une vie suspendue

de Atif Abou Seif   

Une vie suspendue se passe dans le camp de réfugiés de Gaza. Naïm fait tourner l’unique –petite – imprimerie du camp, où il réalise des affiches à l’effigie des martyrs de la communauté. Quand il est lui-même abattu par l’armée, sa mort bouleverse le quotidien de la communauté installée à la lisière du camp, cette communauté où se trouvait la maison de Naïm, perchée sur une petite colline. Cet endroit précis acquiert une importance symbolique pour les résidents et quand le gouvernement décide qu’un commissariat et une mosquée vont remplacer la maison de Naïm, cela conduit à des affrontements entre les habitants et la police.

Atif Abou Seif est un écrivain palestinien né à Gaza en 1973. Il enseigne les sciences politiques à l’Université Al Ahzar de Gaza et est rédacteur en chef du magazine “Siyasat”, édité par l’Institut de politique publique de Ramallah.

Publié chez Dar Al Ahlia, maison d’édition jordanienne.

Allée des saules

de Ahmed al Madini

Allée des saules, c’est l’histoire d’une ville marocaine animée, riche de son histoire, dissimulant aussi ses nombreux secrets, petits et grands. Ses habitants, à la merci de quelques despotes arrogants, luttent pour vivre en paix. Détaillant l’antagonisme qui se développe entre le gardien d’un immeuble en construction et des gens qui, pour survivre, s’accrochent à leur terre, ce roman explore ce que devient le droit de chacun à vivre dignement dans un pays où il pèse peu au regard du droit des plus forts et des puissants à exploiter les plus vulnérables.

Ahmed al Madini est un écrivain marocain né en 1947. Titulaire d’un doctorat obtenu à la Sorbonne, il est l’auteur de romans et de recueils de nouvelles. Il a remporté le Prix de critique littéraire marocaine en 2006 et le Prix marocain pour la nouvelle en 2009.

Publié aux éditions du Centre culturel arabe, éditeur établi au Maroc et au Liban.

99ème étage

de Jana Elhassan

New York, années 2000. Majd est un jeune palestinien qui porte la cicatrice des massacres de Sabra et Chatila, en 1982 au Liban. Il tombe amoureux d’Hilda, jeune danseuse, originaire elle aussi du Liban mais dont la riche famille de la montagne doit sa prospérité au pouvoir de la droite chrétienne libanaise, impliquée dans ces massacres. Aussi, lorsque Hilda décide de partir à la découverte de ses racines, le jeune homme est déchiré entre sa crainte de la perdre et les fantômes de son histoire familiale. Du haut de son bureau, à New York, au 99ème étage d’un building, Majd songe à ses parents, sa mère, enceinte, qui perdra la vie à Sabra et Chatila, et son père, brisé, exilé, qui d’enseignant à Beyrouth deviendra vendeur de roses dans les rues de Harlem. Avec ce roman, la jeune génération libanaise de l’après-guerre civile regarde le passé droit dans les yeux.

Jana Elhassan est une romancière et journaliste libanaise née en 1985. Son premier roman, Désirs interdits, a remporté le prix Simon Hayek. Moi, elle et les autres femmes a été sélectionné pour le Prix International de la Fiction arabe en 2013.

Co-édité par les éditions El-Ikhtilef (Alger) et Difaf (Beyrouth).

Des diamants et des femmes

de Lina Huyan Elhassan

Des diamants et des femmes décrit deux générations d’exilés arabes et montre leur influence sur leurs villes d’élection, qu’il s’agisse de Paris, de Sao Paulo ou de Damas. Le roman met l’accent sur les migrants syriens vivant à Paris et à Sao Paulo, du début du XXème siècle aux années 1980. L’héroïne du roman, Almaz, observe et rend compte des faits marquants de l’histoire sociale et politique arabe contemporaine.

Lina Huyan Elhassan est une romancière syrienne née en 1975. Diplômée en philosophie, elle vit actuellement au Liban où elle travaille comme journaliste. Elle a publié neuf ouvrages, des romans mais aussi de la poésie ou encore des essais.

Publié par Dar al Adab, éditeur à Beyrouth.

L’Italien

de Choukri al-Mabkhout

Où il est question des mystérieuses motivations d’Abdel Nasser (surnommé « l’Italien ») lorsqu’il agresse l’imam, par ailleurs son voisin, au cours de la procession funéraire de son père. Le narrateur du livre tente de comprendre ce qu’il y a derrière cette agression, reconstruisant la troublante histoire de son ami Nasser depuis son enfance. On retrouve Nasser en étudiant progressiste à l’Université de Tunis, à la fin de l’ère Bourghiba et au début du règne de Ben Ali, jusqu’à la période des changements radicaux qui ont secoué la Tunisie, lorsque les rêves d’une génération ont été déchirés par la lutte impitoyable entre les islamistes et la gauche. Le roman dissèque les mécanismes de censure et de manipulation par les médias, tout en restant au plus proche de la perception de la fragilité des êtres, de leurs histoires secrètes et de leurs blessures enfouies.  

Choukri al-Mabkhout est né à Tunis en 1962. Titulaire d’un doctorat en littérature, il est à la tête de l’Université de la Manouba. Membre du comité de rédaction de plusieurs revues scientifiques, il est l’auteur de plusieurs ouvrages de critique littéraire.

Publié par Dar Attanweer, structure éditoriale de coopération entre trois éditeurs arabes, implantés à Tunis, Le Caire et Beyrouth.