Israël jubile. La mainmise de l’organisation jihadiste « Daech » (L’État islamique en Irak et au Levant) sur de grandes villes d’Irak le réjouit. Il se gausse non pas des Irakiens mais plutôt… des Américains.

  Certains milieux israéliens ont considéré que cette prise de contrôle allait affoler l’ensemble du Moyen-Orient. Il est évident qu’Israël essaie, dans le cadre des conjonctures actuelles, de trouver un terrain de coopération avec certains pays arabes. Ainsi, elle considère que combattre ces groupes islamistes radicaux favoriserait son dessein.

  Boaz Bismuth, chroniqueur des affaires internationales au quotidien Israel Today, proche du gouvernement Netanyahu, a écrit : « Deux jours, pas plus, avaient suffi aux jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant pour contrôler deux villes importantes d’Irak. Ce qui donne l’alarme est la rapidité imprévisible de leur chute. Face à ces développements, l’armée irakienne, censée avoir pris les rênes du pays après le retrait américain en 2011, ne joue, dans le meilleur des cas, que le rôle de spectateur ».(…) Quoi qu’il en soit, Bismuth a signalé que « l’Irak se désagrège  » et que le scénario du pire se réalise aux yeux des Américains.

  Dans un article intitulé Tempête dans le désert, paru dans le supplément hebdomadaire du Maariv, Jacky Khoury a précisé que Daech est actuellement considéré comme « une organisation jihadiste d’Irak riche et monstrueuse. Elle regroupe quelques milliers de combattants, exaltés par le mobile d’établir un État islamique et soutenus par des apports financiers considérables. En dépit de l’esprit du jihad qui prévaut chez ses guerriers, le contexte de sa genèse n’est pas du tout religieux. Car « Daech », à l’instar des autres organisations sunnites extrémistes en Irak, n’est que le fruit trop vert des erreurs américaines. Les Etats-Unis en effet ont démantelé un pouvoir étatique sans avoir su édifier un pouvoir alternatif. Parmi les combattants de « Daech » on retrouve des officiers et des soldats sunnites de l’ancienne armée de Saddam, ainsi que des fonctionnaires que les Américains avaient jetés aux chiens sitôt après leur invasion de Bagdad en avril 2003 ». (…)

Helmi Moussa, de nationalité palestinienne, est un journaliste politique qui a passé de nombreuses années dans les prisons israéliennes.