D’année en année, le Salon du Livre francophone revient pour nous rappeler d’abord ce qu’il fut l’année précédente, et nous proposer du nouveau. Les échos varient : tantôt on loue l’inauguration, tantôt on insiste sur l’attente d’un programme qui viendra confirmer notre enthousiasme ou au contraire le décevoir. Toujours est-il que quel soit le résultat, nous attendrons son retour l’année suivante.
  Telle est la situation des foires du livre. Nous nous devons de l’accepter. Elles sont certes organisées dans un pays fatigué, épuisé même, ignorant de ce que lui réserve le lendemain, mais cela vaut mieux que pas de foire du tout. Au moins elles nous poussent à croire qu’il y a bel et bien une vie au Liban, que nous n’aurons pas forcément à la chercher ailleurs. Au moins elles nous assurent que certaines choses sont encore possibles. Des choses simples, comme acheter un livre, écouter une conférence ou contempler un tableau accroché au mur. Ou encore rencontrer des gens mus par un désir semblable de vivre ces choses simples, ce spécimen de gens qu’on ne rencontre que dans les foires du livre.
  Et nombreuse était la foule qui a participé cette année à l’inauguration du Salon du Livre francophone. Plus nombreuse, c’est certain, que les deux années précédentes. Est-ce le symptôme d’une volonté réelle de résister à la désertification qui nous cerne de toutes parts ? Nous essayerons de nous convaincre que tel est bien le cas.