21 juin 2014.

Tout sauf l’arabe
  Comme à l’accoutumée, Beyrouth et les régions libanaises ont célébré à l’unisson la Fête de la musique. Les Libanais ont prouvé, une fois de plus, qu’ils n’étaient en rupture avec aucune fête ou occasion de réjouissance, quelle que soit sa provenance. Munis de leurs divers instruments et déployant toute leur créativité, les jeunes artistes ont donné gratuitement la pleine mesure de leur talent, investissant rues et places qui se sont transformées, le temps d’une nuit, en salles de concert populaires, bondées d’une foule en liesse qui célébrait les premiers jours de l’été. Malgré les rumeurs annonçant l’annulation des festivités à Achrafieh, cœur battant de la ville, Beyrouth a maintenu le programme de la fête.

Rock et jazz
  Nous avons commencé notre tournée à la place des Martyrs, qui vibrait au rythme de la musique rock, jazz et électronique, avec des groupes divers tels Khebez Dawlé, Loopstache, Wetrobots Ft. Bosaina, Wanton Bishops, Empty Yard Experiment et Zahed Sultan. Le public était plutôt jeune et l’assistance nombreuse.
  Laissant derrière nous la place des Martyrs, nous avons poussé jusqu’au jardin Samir Kassir, transformé pour l’occasion en petit New York, où chacun se trémoussait au son de la musique jazz, blues et rock. Les groupes Ada et Georgy, Chris Thomas, Moodbells, Funky Blues Brothers, Guru, Nachaz, Slow Train et Ruby Road – sans oublier le clou de la soirée, le groupe Afrobeat Collective – ont enflammé la petite place tandis que les bâtiments voisins renvoyaient l’écho de la musique qui résonnait du cœur de la scène spécialement dressée pour l’occasion.
  A Zaitouna Bay, la fête avait un goût de rock rehaussé de musique orientale. L’artiste Maya Hobeika s’est illustrée avec son style particulier, le groupe Al Kamandjati & Beit Atfal Assoumoud puis le groupe de rock oriental Meen étaient également au rendez-vous.
  Les sons rock et jazz ont environné le site des thermes romains avec les groupes Audysea, Sandmoon, Oak, Safar et Semitic Genetic.
  De la place Ajami s’élevaient des airs rock joués par les groupes Valliant Sheep, Butterfly, Albatross, April Band ou Rebellion, pour ne citer qu’eux.
  Le hip hop était à l’honneur à Zawiyat Ibn Iraq avec des groupes comme Apodyopsis, Camille et Lory, Mustafa Slammeur et Karim le Libre…
  La cathédrale Saint-Élie des grecs catholiques a accueilli le groupe Habl el-Hawa, suivi de la troupe de l’école des Arts Ghassan Yamine. L’église Saint-Louis des Capucins a accueilli la chorale du collège des Capucins de Hamra, puis les élèves de la Lebanese Music School, et enfin, la chorale du Festival Al-Bustan.

Une fête mondiale par excellence
  (…) Cette manifestation, qui a vu le jour au Liban en 2001, fait la part belle, comme l’affirme Mounir Douaidi, directeur général de Solidere, aux activités de nature à renforcer « l’interaction culturelle ». Toute activité musicale entrant dans le cadre de ce renforcement bénéficie du soutien des organisateurs, notamment de Solidere, parrain officiel de la Fête de la musique. Dans ce contexte, plus de soixante groupes locaux, arabes et internationaux, ont participé à l’événement à Beyrouth cette année.
  (…) La musique de « l’interaction culturelle » a cependant pris de court un ami européen, de passage au Liban ce soir-là. Il m’a demandé, décontenancé, pourquoi la musique arabe était absente dans les divers sites de l’événement, lesquels égrenaient, paradoxalement, tous les genres de musique possibles et imaginables, sauf… la musique arabe (…)