Mahmoud Jamaleddine est tombé en martyr. Lui, ce soldat de cinquante ans qui a offert près de la moitié de sa vie à la patrie, jusqu’en son fatal dénouement.
  Tel est leur sort, à ces combattants, de sortir au large en pleine tempête. Pendant que les civils fuient le feu et les dangers, eux s’y jettent corps et âme.
  Il était le chef d’un secteur sensible. Il venait de recevoir une missive urgente à propos d’un kamikaze se dirigeant vers un barrage de l’armée libanaise. Il a choisi de le confondre, s’avançant avec sa stature élancée et son regard pénétrant. De la main gauche, il lui a intimé l’ordre de garer son véhicule et d’en descendre pour une fouille. Mais il a suffi d’un seul bouton actionné pour faire de Mahmoud Jamaleddine un martyr.
  Avec la mort de ce héros et plus de trente blessés, la sécurité est à nouveau ébranlée, et cela à peine trois mois après le précédent attentat qui avait visé un barrage de l’armée dans le nord de la Bekaa.