« Que de fois nous mourons de notre peur de mourir », relevait Sénèque.
Le Liban est un appel à la vie.    
Un attentat-suicide a lieu, et que font les Libanais ? Ils planifient un festival. Un politicien est assassiné, comment réagissent-ils ? Ils courent assister massivement aux spectacles proposés. Pour nous, cela est normal, cela est même la normalité par excellence. Pour autrui, cela est insensé, inconscient, voire totalement incompréhensible.
Comment leur expliquer que la peur est ce qui fait naître le courage nécessaire pour la vaincre, un poison qui crée avec lui son antidote ?
Comment leur expliquer que la peur n’est qu’un balbutiement de l’esprit, un de ces errements de l’âme que nous supplantons par une imagination et une fantaisie plus grandes ? C’est ce qui expliquerait, aussi, comment la peur explose superbement en art.
    Le Liban a une fois de plus ces derniers mois illustré le jeu symétrique de l’art et de la mort, par une alternance d’explosions et de festivités.