Il y a une quinzaine d’années Talal Salman a créé Nasma (« brise légère »), un personnage constamment amoureux dont les Beyrouthins adorent lire les aventures. C’est avec parcimonie que Talal Salman relate les péripéties de sa vie amoureuse, au rythme d’une phrase par semaine dévoilée dans la rubrique qu’il s’est créée sur mesure, «En marge de la politique » (« Al Hawamech »).
En voici une illustration :  
« Nasma, qui n’a d’autre métier que celui d’aimer, m’a dit un jour :
Ma bien-aimée m’emporte avec elle – constamment.
Ainsi j’arrive à suivre, à travers ses yeux errants, le moindre de ses déplacements,
scruter sa chambre à distance,
planter une rose sur sa fenêtre,
disperser mon parfum sur son lit… qui finit par m’enivrer moi-même.
J’emporte avec moi ma bien-aimée – constamment.
J’en conserve précieusement l’original –  et même un peu de son ombre.»